Vous n’êtes pas des diplômes

[Le texte est écrit au masculin, sans l'orthographe inclusive. Je m'en excuse. Le prochain sera écrit au féminin]


Un paradoxe se pose actuellement dans le monde du travail et, par incidence, dans le microcosme du Sport. La spécialisation des métiers nous donne de moins en moins de personnes de terrain.


Les formations, quant à elles, semblent de plus en plus approfondies, de plus en plus spécialisées, de meilleur qualité. De meilleure qualité car elles permettent d’accéder à davantage de connaissances historiques, théoriques, scientifiques. Mais pour les métiers de services cela peut avoir un effet pervers.


Toute les personnes formées savent parfaitement, dans l’exemple du Sport-Santé, pourquoi il faut avoir une activité physique régulière, comment la dispenser, ce que cela implique d’un point de vue anatomique, physiologique, parfois psychologique, sociologique. Ce qui est bien et tout à fait logique (devrait-on dire normal) pour des intervenants.es en Sport-Santé. Mais, comme il y a toujours un mais, le Sport-Santé n’échappe pas aux règles du moment : les formations de spécialistes forment de plus en plus de Maîtres. de Concepteur, de « Spécialistes de ».


Pour résumer des consultants ou des formateurs qui peuvent expliquer comment faire.

Par contre, les qualités d’animation, d’encadrement, de suivi, d’accompagnement sont délaissées…bien qu’étudiée en formation. La pierre n’est pas à jeter sur les Universités car elles dispensent le « coté pratique » par des stages et des mises en situation. Alors à qui la faute ?


Certainement aux étudiants qui voient les salaires des consultants plus importants que les éducateurs. Certainement aux consultants qui sont capables d’expliquer une chose qu’ils n’ont jamais faites. Certainement aux recruteurs des consultants qui préfèrent faire appel une boite d’audit ou un organisme de formation avant de recruter un éducateur qui dispensera des séances de manière effective.


Peut-être la faute aussi aux pionniers qui écrivent des articles, des bouquins, font des conférences et expliquent leurs expériences de terrain. Ou aux formateurs charismatiques qui expliquent leur parcours et donnent du rêve aux étudiants en leur promettant qu’ils vont valoir plus que les autres car LEUR formation est au-desssus de tout. Peu importe.


Le constat demeure que les nouveaux diplômés sont rapidement frustrés lorsqu’ils vivent l’écart de confort et de reconnaissance de leur travail, par rapport à ce qu’on leur a dit. Mais relativisons, chers collègues éducateurs sportif. Au moins pour deux raisons.


Premièrement, je ne connais pas ou peu de métiers où la reconnaissance est proportionnelle au travail effectué (voyez les médecins que l’on a applaudi 3 mois mais qui seront médecin toute une vie).

Deuxièmement car nous sommes éducateurs sportif…j’ai envie de dire « seulement » éducateur sportif. Ce n’est pas péjoratif (les éducateurs sportifs comme moi on un ego surdimensionné). C’est juste pour remettre les choses au clair. Nous pouvons savoir des choses, être à l’origine du développement du Sport-Santé, avoir participé à un groupe de travail de renommée internationale, être adulés par nos usagers ou clients ou patients…nous restons des éducateurs sportifs. Alors ne cherchons pas à être reconnus comme des spécialistes sur les grandes questions de prévention ou sur les grandes problématiques sociales du moment (sinon il faut être économiste ou philosophe).

Nous avons tellement à faire dans la mise en place EFFECTIVE du Sport-Santé qu’une vie professionnelle ne sera pas suffisante. Et nous ne sommes pas assez.


Par contre, oui. Les intervenants en Sport-Santé sont compétents, oui ils ont besoin de faire évoluer leur compétences au fur et à mesure de leur vie professionnelle. Et oui ils ne vont pas encadrer des séances pendant 40 ans. Mais cela est la suite logique que permet tout métiers. Comme l’électricien fini par gérer le planning d’une équipe d’électricien, qui peut être un chantier.


Quand à la reconnaissance du diplôme, plus on en parle moins c’est reconnu. On ne démontre plus qu’un médecin est un médecin, qu’un maçon est un maçon…on les reconnaît car ils ont prouvés par leurs travail, à tous, ce qu’ils font. Donc la spécialisation (pour les éducateurs sportifs) a cet effet pervers de décrédibiliser l’ensemble de la profession. Spécialisez vous et montrez votre plus-value sur le terrain et tout le monde y sera gagnant.

Arrêtons donc de brandir nos diplômes et nos followers. C’est bien pour l’égo et pour vendre des t-shirt ou des formations mais si c’est pour rechercher une crédibilité ce n’est pas encore gagné. Pour le reste, un fois en poche, votre diplôme vous permet tout de même de vous présenter devant des recruteurs. Mais ensuite, c'est à vous de montrer (et non d'expliquer encore en toujours) ce qui vous démarque.

#VIVELESPORT

Lamine Camara


PS : si vous ne savez pas trop expliquer votre plus value, si trouvez pas de boulot avec votre diplôme en poche et si que vous avez envie de nous montrer, envoyez-nous un mail à vivelesport@lacoms.fr.

Bon courage.


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