Mettre à l'activité physique un plus grand nombre


Vouloir mettre à l'activité physique le plus grand nombre

Voici un objectif ambitieux et tout à fait louable. Mais dans les faits, comment s'organiser ? Comment faire alors que le nombre de licenciés diminue, que les dotations aux associations sportives diminuent, que ces mêmes associations comptent de moins en moins de bénévoles, que les installations sportives sont insuffisamment nombreuses, que la population n'a pas suffisamment d'argent pour penser aux loisirs... Et bien on s'adapte.

Alors on propose de nouvelles prises en charges, qui répondent à la demande du pratiquant. On crée des salles de gymnastique qui permettent de vulgariser la pratique d''activité physique et de sport avec du matériel de pointe. On laisse peu à peu tomber la compétition avec un retour à l'activité physique de loisir et de bien-être. On forme des éducateurs sportifs, spécialistes du Sport-Santé. Du-coup on légifère pour que tout le monde puisse trouver sa place. On augmente les enveloppes destinées au Sport-Santé. On crée le sport sur ordonnance. On avance bien...en théorie.

Mais en pratique, on oublie ceux qui souhaitent un accompagnement dans les salles de gym, on est de moins en moins bon techniquement pour avoir de plus en plus de licenciés dans les clubs sportifs. On crée des rivalités entre les éducateurs, les intervenants, les entraîneurs, les spécialistes de la rééducation, les animateurs, les brevetés d'état, les brevets professionnels, les accompagnateurs, et tout les autres. Heureusement, on légifère. On est donc obligé de diminuer l'enveloppe du sport de compétition pour augmenter celle du Sport-Santé. On ne rembourse pas encore le sport sur ordonnance...mais on avance.

Mais en avançant, nous n'avions pas pensé à un élément important. Comment cela se passe pour l'usager? Comment cela se passe pour un enfant, inscrit dans un club de football, mais qui n'a pas le niveau technique pour jouer et qui ne sait pas que dans l'autre club de sa ville, il le pourrait. Comment cela se passe pour le dirigeant de club de basket qui n'a pas de créneaux suffisants mais qui constate que le club d'à côté n'a pas assez d'adhérents. Comment cela se passe pour la moitié de la population qui ne sait pas nager et qui ne peut apprendre car "pas assez de ligne d'eau". Et bien, cela ne se passe pas. Cela ne se passera jamais.

Nous n'avions pas, aussi, pensé aux querelles de clocher entre les associations historiques et les nouvellement créés, les pratiques compétitives et celles de loisirs, les éducateurs sportifs et les intervenants en APA, ces deux clubs de football qui se partagent les subventions et les installations. Nous n'y avions pas pensés.

Et bien oui, nous pensions que c'était l'usager qui comptait. Nous pensions sincèrement que les associations sportives ne se confrontaient qu'en compétition. Nous ne savions pas que le projet sanitaire, social ou sportif passait en second plan. Nous pensions aussi que les élus et leurs services administratifs orientaient et aidaient les associations qu'elles subventionnent à mettre en place du sport de compétition, de loisir ou de Sport-Santé. Nous pensions que les regroupements d'associations sportives sur un même territoire permettraient des ponts entre le basket et l'athlétisme, entre l'athlétisme et la natation, entre la natation et le judo, entre le judo et la marche nordique. Nous pensions même qu'une personne initiée à l'activité physique par le Sport-Santé pourrait découvrir une activité de loisir dans une association avant de prendre ou pas une licence.

Nous pensions naïvement que l'intervenant en APA pourrait servir les clubs sportifs. Que les brevetés d'états pourraient éclairer les universitaires dans les choix techniques. Que les mondes de la médecine et du sport travailleraient ensemble pour organiser le Sport-Santé. Que le club de football de niveau supérieur pourraient intégrer des sportifs de niveau inférieur, dans le cadre de partenariat et non de racolage auprès des pépites

. Que les licenciés techniquement plus faibles pouvaient faire des rencontres sportives non officielles pour permettre à tout le monde de jouer. Que les créneaux horaires non remplis pourraient permettre une mutualisation de deux clubs d'un même territoire. En fait, nous pensions que la santé publique et le nombre d'usagers prévalait sur les objectifs de club ou d'association. Que la création d'associations sportives n'était qu'une obligation réglementaire permettant de désengorger des actions difficilement gérables par le nombre d'usagers et le peu d'installations.

Nous n'avions pas pensé à tout cela, alors il va falloir que l'on repense. Tant pis si en attendant la population ne pratique pas. Ils attendront encore un peu.

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